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Mercredi 16 avril 2014
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Mon accouchement dans l’auto

Ou comment mon fils Alexandre est né le mercredi 28 septembre 2011, à 17h08, plus vite qu’une fusée!

Voici le récit spectaculaire de l’accouchement de Geneviève Robitaille, fidèle lectrice de Mères&Cie!*

Mercredi 28 septembre 2011

8h30: Rendez-vous avec mon médecin à l’hôpital Ste-Justine. Bébé haut, pas prêt. Je lui signifie que je n’en peux plus, j’ai tellement hâte d’accoucher. Elle m’explique qu’on n’induit pas le travail par convenance. Cependant, je vois bien qu’elle aurait envie de déclencher le travail, car elle ne veut pas que «j’accouche sur le pont ou sur la 20», comme elle le mentionne. Elle est consciente que j’ai deux autres enfants et que le trafic est intense entre la rive-sud et Montréal. Mais comme elle est accompagnée par une externe en médecine, je vois bien qu’elle n’ose pas se prononcer et me dit «à la semaine prochaine ou avant, peut-être». Je quitte le cœur léger, je suis zen. De toute façon, je finirai bien par accoucher.

11h00: Comme bébé arrivera sous peu, j’ai quelques courses à faire. J’ai des contractions, mais rien de bien convaincant. Après l’épisode du «faux départ» de la semaine dernière (on croyait vraiment que ça y était!), je me promets bien d’attendre que les contractions soient très fortes et douloureuses avant de m’autoriser à penser que c’est le jour J.

14h00: Je prépare le souper et un bon dessert pour faire plaisir aux enfants. Je me sens bien et en forme malgré ma méga-giga-bedaine.

14h45: J’attends mon fils Félix à l’arrêt d’autobus en compagnie de ma copine Claudie et de ses 3 enfants. Quelle chance qu’elle soit venue me rendre visite aujourd’hui!

16h15: Je ressens quelques contractions. Mon amie Claudie me propose de monter prendre un bain pour voir comment le travail évolue. Je décide d’appeler mon conjoint David pour qu’il rentre à la maison, même si je ne suis pas encore convaincue que ce sont de vraies contractions. Il ne répond pas. Il répond toujours d’habitude. Bizarre… J’appelle son collègue qui me dit que David a quitté le bureau il y a 20 minutes, il est donc déjà dans le métro. Quel drôle de hasard! Il arrive toujours tard à la maison et étrangement – il faut croire au destin – il a décidé de me faire une surprise en rentrant plus tôt. Je vais donc dans le bain en l’attendant. Après 30 secondes, les contractions s’intensifient. Je suis définitivement inconfortable et commence à croire que le moment tant attendu est arrivé.

16h20: Je laisse un message sur la boîte vocale de David: «Quand tu sortiras du métro, prends un taxi, car je crois que ça y est!». J’appelle ensuite ma belle-mère pour qu’elle vienne relayer ma copine Claudie.

16h35: Le travail actif est clairement commencé. Je ne réalise pas à quel point les contractions s’intensifient. Je m’accroupis par terre et je ne peux plus bouger. Heureusement, Claudie est merveilleuse. Elle est calme et s’occupe des enfants au sous-sol en s’assurant qu’ils ne montent pas à l’étage. Elle fait mille allers-retours, m’éponge le front, m’apporte des débarbouillettes dans lesquelles je mords pour tenter de faire passer la douleur. Les enfants la réclament au sous-sol; ils n’ont aucune idée de ce qui se passe en haut! Mon chandail est trempé, j’ai chaud, j’ai soif et surtout, je sens bébé qui descend. Je regarde dehors chaque fois que j’entends une voiture passer en espérant que c’est David qui arrive.

16h45: Il arrive enfin: il faut qu’on parte au plus vite! Claudie est en contrôle de la situation. Elle dit discrètement à David que nous devrions oublier l’hôpital Ste-Justine et aller directement à l’hôpital Pierre-Boucher qui est beaucoup plus proche de notre maison. J’angoisse un peu: je suis en terrain connu à Ste-Justine et je n’ai pas envie d’accoucher ailleurs. Je suis par contre réaliste et je sais que l’heure de pointe représente toute une embûche à notre trajet qui doit être rapide! Ma tête virevolte, mais de toute façon, je ne suis même plus capable de parler. Je «survis» aux contractions qui reviennent maintenant chaque minute.

16h50: Nous quittons enfin la maison. à peine avons-nous quitté notre rue, me voilà incapable de supporter les vibrations de l’auto. Je crie à David: «Arrête l’auto, arrête l’auto!» Je hurle, j’ai mal. Je lui demande d’arrêter à la station-service au bout de la rue. Aussitôt arrivés, nous repartons, car il réussit à me convaincre que nous serons à l’hôpital dans une dizaine de minutes. Il me dit: «Respire! Moi, je conduis!» Il roule à vive allure. Je sens le bébé de plus en plus bas. J’ai tellement mal, je n’arrive plus à savoir à quelle fréquence sont les contractions. Dû à l’heure de pointe, la circulation est très dense et nous devons rester immobilisés. Pas le temps, David roule sur l’accotement, dans le gravier. Je veux mourir!

16h55: La tigresse en moi ressort et crie: «Appelle l’ambulance, j’accouche!». David hésite. Je répète «APPELLE L’AMBULANCE!». Le préposé au 911 indique à David de garer la voiture sur le côté de la route et de s’occuper de moi. Je panique un peu. Ma tête ne veut pas croire ce qui arrive, mon corps a pris les commandes. Je dois m’étendre sur le dos pour ne pas obstruer la sortie du bébé, selon le préposé du 911. David me rassure et me dit: «écoute, on entend les sirènes, les secours arrivent, tout ira bien». Cela me rassure. Je me dis que dans l’ambulance, sur une civière, je serai confortable et en confiance.

17h00: Finalement, ce n’est pas l’ambulance, mais les policiers qui arrivent! Je suis déstabilisée. Un policier prend la relève auprès du 911 et l’autre s’occupe de moi. Il enfile des gants, me parle d’une voix douce, calme et ferme. Je lui fais confiance. Je suis encore tout habillée et chaussée. Je serre les jambes le plus fortement possible, les genoux appuyés contre le banc d’en avant. Le policier me force à me détendre, il me dit: «j’enlève votre pantalon, Madame!» 1-2-3, la poche des eaux a crevé. J’entends le policier et David qui crient à tue-tête: «Bébé est là, pousse! POUSSE!» Imaginez la scène: trois hommes, qui ne sont pas médecins, m’aident à accoucher avec la portière de l’auto grande ouverte sur le boulevard où poireautent des véhicules, immobilisés par la congestion. J’ai les jambes ouvertes au grand jour, bonjour la pudeur!

17h08: Enfin le moment de grâce: dans les mains de l’agent Hotte, bébé Alexandre est né. 9 livres et 9 onces d’amour, au fond de ma minifourgonnette. Je suis sous le choc. Bébé va bien, il est tout rose, il se met à pleurer au bout d’environ 30 secondes (ce qui me parait une éternité!). L’agent est merveilleux, il a les bons mots pour me rassurer. Je suis vraiment tombée sur le meilleur accoucheur en ville. Je l’en remercie encore.

17h15: Les ambulanciers arrivent. Ils sont eux-mêmes un peu pris par surprise. Ils s’attendaient à procéder à l’accouchement… mais tout est déjà réglé! Malgré la scène surréaliste, le rituel de «papa coupe le cordon» a été observé. David s’exécute et coupe le cordon, mais dans la nervosité générale, notre pauvre bébé se retrouve avec un cordon de 8 pouces! L’important, c’est que tout le monde se porte maintenant à merveille!

*Ce récit est l’histoire véridique de Geneviève Robitaille qui a bel et bien donné naissance à son bébé dans sa voiture.

Auteur: Geneviève Robitaille

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Diane Piotte, ambassadrice du calendrier 2012 de Magenta



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