La colite ulcéreuse

La colite ulcéreuse, aussi appelée rectocolite hémorragique, est une maladie inflammatoire de l'intestin de la même famille que la maladie de Crohn. Contrairement à celle-ci, la colite ulcéreuse n'affecte que la paroi du rectum et du gros intestin (côlon), les dernières parties du système digestif. Elle touche autant les hommes que les femmes et se déclare généralement entre 15 et 40 ans. C'est une maladie chronique qui se présente sous forme cyclique par des périodes de rémission (sans symptômes) et de maladie, de durée variable.

Causes

On ne sait pas exactement pourquoi certaines personnes développent la colite ulcéreuse. L'hypothèse la plus populaire implique que la colite ulcéreuse serait une maladie auto-immune, c'est-à-dire que les cellules chargées de la défense de l'organisme ne combattent plus seulement les virus indésirables, mais attaquent aussi les tissus sains du corps comme, dans ce cas-ci, la paroi du rectum et du gros intestin (côlon). Il a été observé que les personnes ayant des antécédents familiaux de maladies inflammatoires de l'intestin sont plus à risque.

Symptômes

Les symptômes sont présents par épisodes, ainsi ils peuvent être très présents pendant un moment (crise), disparaître pour une durée indéterminée (des jours, des mois, voire des années), et revenir lors de la crise suivante. Les symptômes de la colite ulcéreuse varient en intensité, de légers à graves, mais incluent le plus souvent de la douleur ou des crampes abdominales et une diarrhée chronique. Certains patients doivent aller à la toilette de 15 à 20 fois par jour. L'évolution de la maladie est différente d'une personne à l'autre : certaines personnes ne souffrent que de quelques épisodes de la maladie au cours de leur vie alors que d'autres vivent avec une forme qui revient constamment. Au cours d'une crise, les symptômes suivants peuvent aussi se manifester:

  • appétit réduit
  • fatigue
  • fièvre
  • hémorragie rectale
  • perte de poids
  • perte de contrôle des intestins (faux besoins, incontinence)
  • sang dans les selles
  • selles fréquentes, même la nuit

Diagnostic

Le diagnostic de la colite ulcéreuse peut être en partie basé sur les symptômes ainsi que sur les antécédents médicaux et familiaux. Votre médecin pourra aussi faire des prélèvements de selles, de sang ou de tissus. Cependant, certains examens peuvent s'avérer nécessaires afin de s'assurer qu'il n'y a pas d'infection et pour vérifier l'évolution de la maladie. Il est probable que le médecin recommande une coloscopie ou même un lavement baryté. La coloscopie se fait par l'insertion d'un mince tube muni d'une minicaméra par l'anus. Elle permet au médecin qui la pratique de voir les parois du rectum et du côlon, et de vérifier l'étendue de l'inflammation. Pour sa part, le lavement baryté est un examen au cours duquel on introduit du baryum (substance opaque aux rayons X) par l'anus pour en enduire les parois de l'intestin. Sur les radiographies, il est ensuite possible de voir s'il y a des lésions sur les parois ou si tout est normal.

Il n'est pas toujours facile de poser un diagnostic de colite ulcéreuse. Environ 10 % des cas de colite ne peuvent pas être classés soit comme une maladie de Crohn ou comme colite ulcéreuse et sont donc étiquetés comme une colite d'origine indéterminée.

Traitement

Parce qu'on ne connaît toujours pas la cause de la colite ulcéreuse, l'objectif du traitement est de soulager les symptômes et de prévenir les complications.

Plusieurs médicaments sont utilisés pour tenter de réduire l'inflammation qui déclenche les symptômes. Certains agents fonctionnent bien pour certains patients, mais pas pour d'autres. Trouver la bonne combinaison d'agents peut prendre un certain temps. De plus, comme certains médicaments peuvent causer des effets indésirables graves, il faut toujours évaluer si les avantages du traitement sont plus importants que ses risques.

Les médecins font appel à plusieurs catégories de médicaments qui peuvent aider à maîtriser les symptômes de différentes façons :

  • les agents anti-inflammatoires (p. ex. Asacol®, Pentasa®, Salofalk®); administrés par la voie orale ou rectale;
  • les corticostéroïdes (p. ex. prednisone, budésonide); réduisent l'inflammation et les lésions tissulaires; habituellement utilisés dans les cas modérés ou graves qui ne répondent pas aux autres agents;
  • les modificateurs de la réponse immunitaire (p. ex. azathioprine, méthotrexate); aussi utilisés pour le traitement d'autres maladies immunitaires;
  • les antibiotiques (p. ex. Cipro®); pour prévenir ou traiter les lésions intestinales infectées;
  • les modificateurs de la réponse biologique comme l'infliximab (Remicade®); administrés par voie intraveineuse aux patients qui présentent des symptômes et des rechutes plus graves. Ils agissent en bloquant une substance chimique de l'organisme, appelée facteur de nécrose tumorale (TNF), qui mène à l'inflammation lorsqu'elle est produite en trop grande quantité.

De nouvelles thérapies prometteuses sont présentement à l'étude, mais ne sont pas encore disponibles. La recherche doit se poursuivre.

Autres médicaments

Pour tenter de soulager vos symptômes, le médecin peut aussi recommander les différents médicaments suivants :

  • antidiarrhéiques : tel Metamucil®, comme supplément de fibre, ou Imodium® pour la diarrhée plus grave;
  • analgésiques : acétaminophène (p. ex. Tylenol®). N'utilisez pas d'agents anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels Aspirin®, Advil® ou Motrin®, qui sont susceptibles d'aggraver vos symptômes.
  • suppléments de fer : des saignements intestinaux chroniques peuvent causer une anémie ferriprive. La prise de suppléments peut vous aider à ramener vos réserves de fer à un niveau normal.

N'hésitez pas à discuter de votre régime thérapeutique avec votre médecin ou votre pharmacien; ils pourront vous aider à mieux comprendre les médicaments qui vous sont recommandés et vous expliquer leurs effets, y compris leurs effets indésirables possibles.

Quand la chirurgie devient nécessaire...

Lorsque la maladie ne répond pas au traitement ou que le côlon devient précancéreux ou cancéreux, il est possible d'avoir recours à la chirurgie pour retirer complètement le côlon. Des chirurgies d'urgences sont aussi pratiquées en cas de mégacôlon toxique ou d'hémorragie grave. La chirurgie (iléostomie) consiste à retirer le côlon et le rectum et relier la dernière partie de l'intestin grêle vers l'extérieur (abdomen). Les matières fécales sont alors recueillies dans un sac spécialement conçu à cet effet. Cette intervention élimine complètement la colite ulcéreuse.

Complications

Les complications de la colite ulcéreuse vont du problème de peau et de l'arthrite au mégacôlon toxique (dilatation du côlon due à un gaz pouvant mener à la perforation de l'intestin). Les patients souffrent parfois d'anémie (à cause d'une carence en fer causée par les pertes sanguines). D'autres complications sont causées par les médicaments : par exemple, les corticostéroïdes peuvent entraîner un gain de poids, des troubles oculaires (glaucome, cataracte) et une perte de calcium dans les os s'ils sont pris pendant une longue période.

Si vous recevez un diagnostic de colite ulcéreuse, assurez-vous d'être suivi régulièrement par un professionnel de la santé afin de pouvoir détecter les faits nouveaux. On recommande typiquement une scintigraphie osseuse pour suivre l'évolution de vos os et un examen périodique des yeux par un ophtalmologiste pour détecter tout problème lié à la maladie ou aux médicaments.

Par ailleurs, comme les personnes atteintes de la colite ulcéreuse sont plus à risque de cancer intestinal, il est important qu'elles subissent régulièrement un test de dépistage. Votre médecin pourra vous spécifier à quelle fréquence il faut le faire. Heureusement, ce type de cancer répond bien au traitement lorsqu'il est diagnostiqué au stade précoce.

Vivre avec la colite ulcéreuse

Soyez assuré qu'il y a des gens qui peuvent vous aider à vivre avec la maladie. Une fois que votre médecin aura établi votre régime thérapeutique, votre pharmacien pourra vous aider à mieux comprendre vos médicaments.

Rappelez-vous qu'il existe des traitements qui peuvent réduire considérablement les signes et symptômes et même entraîner une rémission prolongée. Pour bien des patients, c'est une question d'apprendre à vivre avec la maladie un jour à la fois et de tenter de maintenir une attitude positive. La plupart des patients doivent apprendre à vivre avec une bonne dose d'inconfort et comprendre que la maladie évolue en cycles.

Voici quelques trucs pour vous aider à vivre avec la maladie :

  • Information : soyez bien informé sur la maladie et la recherche sur les nouvelles thérapies. En plus de votre médecin et de votre pharmacien, vous pouvez obtenir de l'information dans les livres, sur Internet et par l'entremise de groupes de soutien pour la colite ulcéreuse. Grâce à la recherche, le traitement est en constante évolution.
  • Alimentation : Consultez une diététiste afin d'établir un plan de traitement nutritionnel. Certains patients observent qu'ils peuvent diminuer leurs symptômes en évitant certains aliments (aliments gras, épicés ou produits laitiers) qui semblent les aggraver. Avoir une alimentation riche en protéine, mais pauvre en fibre, manger plusieurs petits repas (5 à 6 par jour), boire beaucoup d'eau et prendre une multivitamine ou un supplément de minéraux sont toutes des mesures qui peuvent avoir un impact positif.
  • Activité physique : Pratiquer une activité physique régulièrement (de préférence chaque jour) aide à normaliser la fréquence des selles et à prévenir la dépression.
  • Stress : Le stress peut être un élément positif dans votre vie s'il permet de faire face et de surmonter les épreuves sans laisser la maladie prendre le dessus. Si toutefois vous avez l'impression que le stress contribue à aggraver vos symptômes (ou votre perception de vos symptômes), parlez-en à votre médecin qui pourra vous adresser à un spécialiste de la gestion du stress, à un psychologue ou à un travailleur social. Le yoga, la méditation, le biofeedback, les exercices de relaxation progressive et l'hypnose donnent des résultats variables d'un patient à l'autre. C'est à vous de choisir.

Même si la vie avec la colite ulcéreuse peut parfois vous paraître accablante, n'oubliez pas que les traitements ont connu une amélioration constante au cours des dernières années et que les perspectives ne cessent de s'améliorer.

Pour plus d'informations ou pour obtenir du soutien :

Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l'intestin (FCMII)

www.crohnsandcolitis.ca

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