Petit guide pour communiquer sainement avec les autres
Dès l’enfance, nous découvrons que bien communiquer n’est pas toujours simple. Les enfants comme les adultes vivent des désaccords qui peuvent parfois prendre de l’ampleur et être difficiles à désamorcer, particulièrement lorsque leurs valeurs, leurs besoins ou leurs opinions entrent en conflit avec ceux des autres.
Le problème ne réside pas nécessairement dans le désaccord lui-même, mais plutôt dans ce qui se produit lorsque nous cessons d’essayer de comprendre l’autre. Nous cherchons alors davantage à convaincre, à nous défendre ou à avoir raison qu’à véritablement écouter.
Une revue systématique s’est penchée sur différentes stratégies visant à favoriser l’empathie et la capacité à comprendre le point de vue d’autrui lors de discussions controversées, en personne comme en ligne.
Trois grandes pistes se dégagent de cette recherche. Pour communiquer plus sainement malgré les désaccords, il peut être utile d’accueillir les points de vue différents du nôtre, de favoriser un lien positif avec l’autre et de prendre du recul pour réfléchir à notre propre façon de communiquer.
Considérer le point de vue de l’autre
Comprendre l’autre ne signifie pas nécessairement être d’accord avec lui. Une communication saine commence par la capacité à reconnaître qu’une autre personne peut percevoir une situation et l’interpréter différemment de nous.
Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer à ses convictions ni considérer que toutes les opinions se valent. Il s’agit plutôt d’essayer de comprendre comment l’autre en est arrivé à sa position, quelles expériences influencent son point de vue et quelles valeurs sous-tendent ses propos.
Cette capacité est particulièrement importante lorsque les sujets abordés suscitent de fortes émotions. L’objectif est de favoriser l’empathie et la compréhension des perspectives différentes afin de maintenir un échange calme et respectueux, même lorsque les opinions divergent.
Privilégier le lien humain plutôt que le désaccord
Avoir une opinion différente ne signifie pas que nous n’avons rien en commun avec l’autre. Lorsque les échanges permettent de créer un sentiment de proximité, de reconnaître des ressemblances ou de faire émerger des émotions positives, les personnes peuvent être davantage disposées à considérer le point de vue de leur interlocuteur.
Pour préserver ce lien, il est important d’éviter les attaques personnelles et le mépris. Ces comportements risquent plutôt de susciter de la fermeture et d’accentuer les tensions.
Bref, la communication ne repose pas uniquement sur la qualité de nos arguments. Elle dépend aussi de la relation qui s’établit entre les personnes. Cela explique pourquoi vous pouvez parfois vous montrer plus ouvert et compréhensif envers un membre de votre famille qu’envers une personne inconnue dont vous lisez les commentaires sur les réseaux sociaux.
Prendre du recul et réfléchir à sa façon de communiquer
Lorsqu’un échange devient tendu, il est facile de réagir impulsivement. Nous pouvons répondre trop rapidement, prêter des intentions à l’autre ou chercher avant tout des arguments pour défendre notre position.
Prendre du recul permet de réfléchir à ce qui se passe réellement. Voici quelques questions à se poser :
- Suis-je en train d’écouter ou simplement de préparer ma réponse?
- Est-ce que je cherche à comprendre ou à convaincre?
- Ma façon de communiquer favorise-t-elle l’ouverture ou contribue-t-elle à faire monter la tension?
Ces réflexions peuvent favoriser l’écoute et la compréhension, tout en nous aidant à prendre conscience de nos propres réactions. Après tout, mieux communiquer implique aussi de reconnaître la façon dont nos paroles et nos comportements influencent les échanges.
Tous les conflits ne se règlent pas par une meilleure communication
Bien communiquer peut contribuer à prévenir l’escalade de nombreux désaccords, mais cela ne garantit pas que toutes les situations conflictuelles pourront être résolues.
Dans une situation de violence conjugale, par exemple, le problème ne se résume pas à une difficulté de communication. La priorité est de reconnaître les comportements abusifs et de veiller à la sécurité de la personne qui les subit. La responsabilité de la violence incombe à la personne qui exerce ces comportements, et non à la personne qui les subit.
En somme, ce petit guide propose des pistes pour mieux traverser les désaccords du quotidien. Il ne s’agit toutefois pas de justifier ou de tolérer des comportements qui portent atteinte à votre sécurité, à votre intégrité ou à votre dignité.
Article rédigé en collaboration avec Dre. Lory Zephyr, psychologue et fondatrice de Ça va maman
Références
Vaassen, C. E., van den Broek, T. A., Aaldering, H., & Beersma, B. (2026). Increasing empathy and perspective-taking in controversial discussions: A systematic review and future research directions. Computers in Human Behavior Reports, 22, 101062. https://doi.org/10.1016/j.chbr.2026.101062