Pourquoi vacciner ?

Au siècle passé, les avantages de la vaccination étaient évidents pour tous : les enfants mourraient fréquemment de la diphtérie, presque tout le monde connaissait une personne devenue invalide à cause de la polio et la rougeole frappait pratiquement toutes les familles au moins une fois.

Au Canada, aujourd'hui, des maladies qui étaient auparavant des causes majeures de décès à l'échelle mondiale ne causent plus que 5 % des décès. La polio et la diphtérie ont pratiquement disparu et la plupart des jeunes Nord-Américains n'ont jamais vu de cas de rougeole!

Ces changements dramatiques sont le résultat de la vaccination. Les maladies évitables par la vaccination existent encore, mais elles ne nous rendent pratiquement plus malades puisque notre programme d'immunisation nous protège.

Le paradoxe de la vaccination

Le succès même des programmes de vaccination se révèle leur plus grande faiblesse : en permettant aux générations de grandir à l'écart de certaines maladies, on élimine l'incitatif à la vaccination. Étant donné qu'ils n'ont jamais vu de cas de rougeole parmi la génération actuelle, les gens ont maintenant tendance à s'arrêter aux effets indésirables des vaccins et à remettre en question la validité des programmes qui ont été mis en place pour leur protection. De plus, ces sceptiques sont souvent des gens bien éduqués et avisés qui refusent que leur médecin les écarte avec un « vous devriez vous faire vacciner parce qu'on vous le dit ».

Préoccupations des parents

Bien des gens (voire la plupart) qui se préoccupent des vaccins sont des parents. Ceux-ci ont une faible tolérance au risque lorsqu'il s'agit de leur enfant : s'il est en bonne santé, pourquoi lui faire courir le risque d'un effet indésirable désagréable, voire dangereux ?

Selon les résultats d'un sondage national mené en 2001, 38 % des parents d'enfants de moins de 7 ans ne sont pas complètement convaincus des bénéfices de la vaccination, 82 % cherchent activement à obtenir de l'information récente et 45 % se tournent vers Internet pour trouver de l'information sur la santé. Selon un autre sondage, 25 % des parents croient que la vaccination peut affaiblir le système immunitaire de leur enfant, 23 % croient que les enfants reçoivent plus de vaccins que nécessaire et 19 % croient que les vaccins sont approuvés avant que leur innocuité ne soit vraiment déterminée.

Afin de combattre de telles statistiques, les autorités sanitaires canadiennes travaillent avec ardeur à répandre l'information juste : les vaccins sont efficaces, sûrs et nécessaires au maintien de communautés en santé..

« Les vaccins ne sont pas complètement sûrs, ils sont extrêmement sûrs. »

Aucun professionnel de la santé publique ne prend l'innocuité des vaccins à la légère. Reconnaître les risques des vaccins et savoir les mettre en perspective fait partie des responsabilités des intervenants en matière de santé.

Les vaccins sont fréquemment associés à de légers effets indésirables, typiquement une sensibilité, de l'enflure et une rougeur au site d'injection. Ils peuvent, à l'occasion, causer de la fièvre et de l'irritabilité.

Les effets indésirables, comme les réactions allergiques sérieuses, sont extrêmement rares. Au Canada, on en recense moins d'un cas pour chaque million de doses administrées.

Vaccins et autisme

Quand un enfant devient gravement malade, particulièrement lorsque les causes de la maladie ou du syndrome ne sont pas connues, il n'est pas rare que les parents tentent de faire un lien entre la maladie et un événement de la vie de l'enfant qui aurait pu la provoquer. Au cours des dernières années, les vaccins ont parfois servi de bouc émissaire dans de telles circonstances. Le lien hypothétique entre le vaccin RRO (rougeole, rubéole, oreillons) et l'autisme en est un exemple.

La controverse a éclaté à la suite de la publication d'un article dans le Lancet , un journal médical britannique de grande renommée, dans lequel les auteurs suggéraient que le vaccin RRO entraînait des troubles intestinaux qui seraient eux-mêmes la cause de l'autisme. L'étude (basée sur la révision de 12 études de cas portant sur des enfants autistes et vaccinés qui présentaient des troubles intestinaux) a enflammé les craintes de bien des parents. Les taux de vaccination ont chuté et les cas de rougeoles ont connu une augmentation. (Les éditeurs du Lancet ont depuis discrédité l'étude après avoir appris que l'auteur avait été payé par des avocats ayant l'intention de poursuivre les fabricants de vaccins alors qu'il menait l'étude).

Des études menées ultérieurement n'ont pas réussi à établir un lien entre le vaccin RRO et l'autisme. L'étude la plus souvent citée a été menée auprès de 530 000 enfants et a conclu que le « risque d'autisme était similaire parmi les enfants vaccinés et non vaccinés ». À la suite de ces études, la plupart des scientifiques et médecins ont conclu que les craintes à l'égard du lien entre vaccin et autisme n'étaient pas fondées.

Innocuité des vaccins

Au Canada, tout nouveau vaccin doit subir des essais en laboratoire et à grande échelle et passer à travers un processus d'approbation rigoureux du gouvernement fédéral avant de pouvoir être mis sur le marché. Une fois le vaccin approuvé, chaque lot de vaccins est testé afin d'en confirmer l'innocuité et la qualité; de plus, les vaccins sont continuellement surveillés pour déceler les effets indésirables. Les réactions graves aux vaccins sont rapportées au Système de surveillance des effets secondaires associés aux vaccins (SSESAV) de Santé Canada.

Lorsque le taux de vaccination chute, les maladies évitables par la vaccination font un retour

La baisse des maladies évitables par la vaccination est directement liée aux programmes de vaccination. Ces programmes, comme l'accès à l'eau potable, font partie des mesures qui ont eu le plus d'impact (plus que l'arrivée des antibiotiques) sur la réduction des maladies chez l'humain.

Certains avancent que cette réduction est plutôt attribuable à l'amélioration des conditions sanitaires et de vie. Ces arguments sont cependant réfutés par les conséquences d'une diminution des programmes d'immunisation : une diminution de la vaccination contre la coqueluche en Angleterre en 1974 a été suivie d'une épidémie de coqueluche ayant touché 100 000 personnes et causé 36 décès en 1978. Le Japon, la Suède et la Russie ( pour ne nommer que quelques pays développés ayant tenté de réduire leur programme d'immunisation) ont tous connu de pareilles récurrences de maladies auparavant maîtrisées.

Les maladies n'ont pas besoin de passeport pour voyager

Certaines personnes se demandent pourquoi il est nécessaire de vacciner leur enfant contre une maladie évitable par la vaccination si celle-ci est rare au Canada. La réponse est simple : comme les voyageurs transportent parfois des maladies de pays en pays, si les Canadiens ne sont pas protégés contre celles-ci, ces maladies pourraient revenir nous embêter. Citons l'exemple de la polio. Au Canada, cette maladie était bien maîtrisée depuis l'introduction du vaccin dans les années 50. En 1978-1979, il y a eu une flambée de polio dans certaines communautés fermées de l'Ouest canadien, dont les membres rejettent la vaccination pour des motifs religieux. Onze cas de polio paralytique ont par la suite été recensés en Colombie-Britannique, en Ontario et en Alberta, ainsi que 10 cas aux États-Unis. Le virus provenait d'autres communautés religieuses fermées situées aux Pays-Bas.

Peut-on être trop vacciné?

Les parents qui hésitent à faire vacciner leurs enfants s'inquiètent aussi d'une possible surcharge du système immunitaire attribuable à l'administration des quelque 16 à 22 vaccins administrés couramment aux enfants. Cependant, selon les chercheurs, notre corps aurait à tout moment la capacité de répondre à 10 000 vaccins. De plus, les vaccins recommandés dans le programme national d'immunisation utiliseraient moins de 0,1 % de la capacité du système immunitaire.

Le droit de refus...

Au Canada, la vaccination n'est pas obligatoire puisque la constitution canadienne protège notre droit de refus dans ce domaine. Les dirigeants d'établissements scolaires ont cependant le droit d'exclure les enfants non vaccinés pendant une flambée de maladie évitable par la vaccination. Dans trois provinces (Ontario, Nouveau-Brunswick et Manitoba), les enfants doivent présenter une preuve de vaccination au moment de l'inscription à l'école. Des exceptions peuvent cependant être accordées pour des motifs médicaux, religieux ou de conscience. Les parents doivent signer différents documents certifiant de ces motifs.

Avant d'exercer votre droit de refus...

Les parents doivent reconnaître d'eux-mêmes que le trajet en voiture, vers la clinique, expose leurs enfants à plus de risques que la vaccination elle-même.

Soyez bien informés sur les vaccins. Prenez conscience qu'Internet véhicule un grand nombre d'opinions négatives qui semblent, à première vue, persuasives, mais sont en réalité sans fondement. Analysez les données sur lesquelles les arguments sont fondés. Rendez-vous à la bibliothèque et lisez vous-même les études. Et, bien sûr, consultez votre médecin ou votre pharmacien; ils sauront respecter vos préoccupations et vous aideront à surmonter vos préoccupations en vous offrant de l'information additionnelle, le cas échéant.

Pour plus d'informations :

Coalition canadienne pour la sensibilisation et la promotion de la vaccination

www.immunize.cpha.ca

Agence de la santé publique du Canada

www.phac-aspc.gc.ca/

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