Schizophrénie : une maladie à démystifier

La schizophrénie demeure pour plusieurs une maladie à la fois mystérieuse et terrorisante. Nombreux films ont par ailleurs exploité les aspects troublants de cette maladie psychiatrique que tous gagneraient à mieux comprendre.

La schizophrénie demeure pour plusieurs une maladie à la fois mystérieuse et terrorisante. Nombreux films ont par ailleurs exploité les aspects troublants de cette maladie psychiatrique que tous gagneraient à mieux comprendre.

Qu’est-ce que la schizophrénie?

La schizophrénie est un groupe de maladies mentales graves qui sont caractérisées par une interprétation anormale de la réalité. La schizophrénie peut entraîner des hallucinations, des illusions et un désordre de la pensée et du comportement. La capacité des personnes atteintes de schizophrénie à fonctionner normalement et à prendre soin d’elles-mêmes tend à se détériorer avec le temps. La prévalence de la schizophrénie est très stable à travers le monde et se situe aux environs de 1% de la population.

Contrairement à certaines croyances populaires, la schizophrénie n’est pas une division de la personnalité ou une personnalité multiple. L’étymologie du mot schizophrénie réfère à des mots grecs qui signifient « fractionnement de l’esprit »;, mais ce terme réfère à une perturbation de l’équilibre entre les émotions et la pensée.

La schizophrénie est une maladie chronique qui nécessite un traitement à vie.

Reconnaître la schizophrénie

Les symptômes de la schizophrénie peuvent également être attribués à d’autres maladies mentales : un symptôme isolé ne mène pas nécessairement au diagnostic de schizophrénie. Chez les hommes, les symptômes de schizophrénie apparaissent habituellement vers la fin de l’adolescence ou au début de la vingtaine, alors que chez les femmes ils se dévoilent vers la fin de la vingtaine ou au début de la trentaine. Les symptômes sont habituellement divisés en trois catégories : positifs, négatifs et cognitifs.

Les symptômes positifs sont les plus spectaculaires. Le patient développe des idées sans lien avec la réalité. Un fort sentiment de persécution, une jalousie pathologique, une soudaine affirmation d'idées mystiques relèvent de cette catégorie. Les idées délirantes se nourrissent d'hallucinations, le plus souvent auditives (le malade entend des voix qui parlent de lui ou qui lui donnent des ordres) ou intrapsychiques (sortes de voix intérieures). Les hallucinations visuelles, olfactives, gustatives, tactiles ou concernant des sensations corporelles internes ou psychiques sont parfois signalées. Le comportement des patients peut être décousu et incohérent.

Les symptômes de schizophrénie dits négatifs sont très invalidants, notamment dû à l’isolement social qu’ils entraînent. Les plus fréquents sont le repli sur soi, la perte d'initiative ou de motivation, une négligence de l’hygiène personnelle et une perte d’intérêt pour les activités habituelles. Les capacités à communiquer, à aller vers l'autre et à prendre plaisir à des activités agréables sont fortement altérées. Les symptômes négatifs peuvent apparaître des mois ou des années avant les symptômes positifs.

Les symptômes cognitifs réfèrent à des problèmes dans le processus de la pensée. Ils s'expriment par des troubles du langage, une difficulté à porter attention, des problèmes à mémoriser et à décoder l’information reçue. Des affects, des pensées et des comportements contradictoires peuvent s'exprimer au même moment.

Quand aller chercher de l’aide?

Les personnes atteintes de schizophrénie n’ont souvent pas conscience que leurs difficultés sont causées par une maladie mentale qui nécessite un suivi médical. Il faut le plus souvent qu’un membre de la famille ou un ami aide la personne à aller demander de l’aide. On ne peut forcer quelqu’un à s’adresser à un professionnel de la santé. On peut toutefois par la discussion encourager une personne présentant des symptômes de schizophrénie à consulter et la soutenir dans sa démarche.

Les pensées suicidaires sont fréquentes parmi les personnes atteintes de schizophrénie. Lorsqu’un schizophrène pose un risque pour lui-même ou pour les autres ou alors ne peut subvenir à ses besoins vitaux, on peut alors contacter les services d’urgence ou la police.

Si un médecin soupçonne que la schizophrénie est la cause des symptômes d’un patient, il procédera habituellement à une batterie de tests physiques et psychologiques pour exclure d’autres troubles qui pourraient expliquer les symptômes.

La présence d’un proche lors du premier rendez-vous médical peut être très utile, car cette personne pourra aider à compléter la description de la maladie et prendre des notes sur les explications et les recommandations transmises par le médecin.

Causes

On ne connaît pas de cause unique à la schizophrénie : il semble qu’un ensemble de facteurs génétiques et environnementaux contribuent à l’apparition de la maladie. On sait que les personnes atteintes de schizophrénie démontrent des différences dans la structure et dans la composition des messagers chimiques de leur cerveau.

Les personnes ayant un membre de leur famille souffrant de schizophrénie, des conditions de vie stressantes ou ayant pris des drogues psychoactives auraient néanmoins un risque accru de souffrir de schizophrénie.

Complications

La schizophrénie peut mener à des conséquences graves pour la vie émotive, la santé physique, la vie sociale et professionnelle de la personne. Les personnes atteintes de schizophrénie sont plus à risque d’être pauvres, sans emploi, de souffrir de dépendances à l’alcool ou des drogues, de vivre des problèmes familiaux, de se suicider ou d’être sans domicile fixe. Un traitement précoce peut toutefois minimiser le risque de ces complications.

Le traitement

La schizophrénie est une maladie chronique qui requiert un traitement à vie, même lorsque les symptômes ont disparu. La médication et la thérapie psychosociale sont habituellement suffisantes pour gérer la maladie. Durant les périodes de crises ou de symptômes plus graves, l’hospitalisation est parfois nécessaire pour assurer la sécurité, une alimentation adéquate, un sommeil et une hygiène corrects.

Les médicaments sont la pierre angulaire du traitement de la schizophrénie. Les antipsychotiques sont la classe la plus fréquemment prescrite. Il en existe de nombreux. Il faudra parfois quelques essais et ajustements de doses pour trouver la médication la plus adéquate pour le patient. Les antipsychotiques peuvent causer des effets indésirables, comme tout médicament, et certains s’estompent avec le temps. Il est important d’en parler avec son médecin ou son pharmacien qui pourront suggérer des trucs pour mieux gérer les effets indésirables. Plusieurs semaines sont parfois nécessaires avant qu’une amélioration des symptômes ne soit observée. Il est important de persévérer. Le plus important consiste à poursuivre le traitement lorsque les symptômes sont bien maîtrisés. En effet, si le patient cesse de prendre ses médicaments, les symptômes reviendront.

La thérapie psychosociale visant à aider les interactions sociales, à améliorer les relations familiales, à obtenir et à conserver un emploi et à mieux vivre avec sa maladie est souvent une composante importante du traitement.

Vivre avec la schizophrénie

Vivre avec la schizophrénie peut représenter un défi, tant pour la personne atteinte que pour ses proches. Apprendre sur la maladie, joindre un groupe de soutien, apprendre la relaxation et rester concentré sur ses objectifs de vie sont autant d’initiatives qui peuvent faciliter le processus d’adaptation.

Pour les personnes à risque de schizophrénie, éviter les drogues illicites, réduire les sources de stress, dormir suffisamment, faire régulièrement de l’exercice et consulter rapidement si des symptômes apparaissent contribueraient aussi à mieux maîtriser les symptômes et à prévenir leur aggravation.

On ne peut pas prévenir la schizophrénie. Un traitement précoce de la maladie peut toutefois contribuer à maîtriser les symptômes avant que les complications n’apparaissent et pourrait améliorer le pronostic à long terme. Respecter le plan de traitement établi avec son médecin tend par ailleurs à prévenir des rechutes et l’aggravation des symptômes de schizophrénie.

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