Clostridium difficile : Pourquoi craint-on cette bactérie?

Les éclosions de la bactérie Clostridium difficile (C. difficile) font les manchettes de temps à autre. Mais en quoi ce microbe est-il particulier pour attirer autant l’attention des médias et effrayer le personnel médical?

Les éclosions de la bactérie Clostridium difficile (C. difficile) font les manchettes de temps à autre. Mais en quoi ce microbe est-il particulier pour attirer autant l’attention des médias et effrayer le personnel médical?

Qu’est-ce que le C.Difficile? Le C. difficile est une bactérie qui cause des symptômes allant d’une simple diarrhée à une inflammation grave du côlon. Personne n’est à l’abri du C. difficile, mais il s’attaque le plus souvent aux personnes traitées à l’hôpital et aux personnes âgées qui vivent en centres de soins de longue durée. L’infection apparaît habituellement pendant ou peu de temps après un traitement antibiotique, mais parfois aussi des semaines voire des mois plus tard.

Les principaux symptômes incluent une diarrhée abondante et qui se poursuit durant au moins deux jours accompagnée de crampes et de tensions au niveau de l’abdomen. Les signes d’une infection grave incluent :
- diarrhée
- crampes et douleurs abdominales
- fièvre
- sang ou pus dans les selles
- nausée
- déshydratation
- perte d’appétit
- perte de poids

Complications Les complications possibles du C. difficile incluent :
- Une déshydratation et une insuffisance rénale causée par la diarrhée. Comme le corps est composé en majorité d’eau, la perte importante de liquides et d’électrolytes causée par la diarrhée peut altérer le fonctionnement de certains organes et mener à une baisse dangereuse de la pression sanguine.
- Si les cellules du côlon sont très endommagées, une perforation peut survenir. Dans ce cas, il y a un risque que des bactéries du côlon se répandent dans la cavité abdominale et causent une infection très grave.
- Un syndrome appelé mégacôlon toxique peut survenir lorsque le côlon devient extrêmement distendu, car incapable d’expulser les selles et les gaz. Si rien n’est fait, le côlon peut se rompre, nécessitant alors une chirurgie d’urgence.
- Le décès peut survenir si l’infection ne peut être arrêtée à temps.

Transmission de l’infection La bactérie C. difficile est naturellement présente dans l’environnement. Une petite partie de la population en santé est même porteuse de la bactérie dans son côlon. L’intestin contient naturellement des millions de «bonnes»; bactéries qui contribuent à la digestion et à la protection de l’organisme. Lorsqu’une personne prend des antibiotiques pour guérir une infection, ces médicaments attaquent la bactérie qui a causé l’infection mais aussi certaines des «bonnes»; bactéries. Quand la quantité de «bonnes»; bactéries diminue trop, le C. difficile peut rapidement prendre le dessus.

Le C. difficile est plus courant dans les hôpitaux et autres centres de soins, où les traitements aux antibiotiques sont fréquents et la proportion de personnes porteuses de la bactérie est plus élevée. Le C. difficile est transmis lorsque des bactéries présentent dans les selles contaminent des aliments, des surfaces ou des objets si une personne infectée ne se lave pas les mains méticuleusement.

L’ennui est que le C. difficile a une coquille pour se protéger des éléments et il peut donc survivre des semaines voire des mois dans une pièce. Le C. difficile peut donc se transmettre en serrant la main de quelqu’un, mais aussi en touchant une poignée de porte, un lit, une table de chevet, un lavabo, un stéthoscope, un thermomètre et même le téléphone ou la commande électronique.

Pourquoi craint-on le C. difficile? Le C. difficile est problématique, car il atteint tout particulièrement les personnes dont la santé est vulnérable et qu’il peut survivre longtemps dans l’environnement. Les personnes en bonne santé présentent un faible risque d’être atteintes du C. difficile.

De plus, de nouvelles souches de bactéries C. difficile sont apparues depuis quelques années qui ont la particularité de produire beaucoup de toxines, augmentant la gravité de l’infection.

Le diagnostic Le diagnostic se fonde sur les symptômes cliniques, mais il est habituellement confirmé par un test en laboratoire et parfois par une colonoscopie pour examiner directement l’inflammation et l’état du côlon.

Le traitement La première étape consiste à cesser si possible l’antibiotique qui a causé l’infection. Dans les cas légers, cela peut parfois suffire à améliorer la situation, mais pour bien des cas ce n’est pas suffisant.

Le traitement de la diarrhée nécessite la prise de liquides contenants de l’eau, du sel et des sucres tels que des boissons de réhydratation vendues en pharmacie, des préparations pour la récupération sportive ou des jus de fruits dilués additionnés de sel. Autant que la faim le permette, on peut manger des pommes de terre, des pâtes, du riz, du pain ou du gruau. Des craquelins salés, des bananes ou des soupes sont aussi de bons choix.

Ironiquement, le traitement habituel du C. difficile consiste à prendre un antibiotique. Cet antibiotique empêche la croissance du C. difficile, permettant aux « bonnes »; bactéries de reprendre la place qui leur est due dans l’intestin.

Dans les cas graves, une chirurgie peut s’avérer nécessaire pour retirer la portion du côlon atteinte par le C. difficile.

Prévenir le C. difficile La prévention d’une infection passe avant tout par une hygiène stricte pour éviter la transmission du C. difficile entre les patients d’un même centre de soins et entre les patients, leurs visiteurs et les professionnels de la santé.
- Le lavage des mains est primordial. Toutes les personnes qui prennent soins de malades ou qui les visitent devraient se laver les mains méticuleusement avant et après leur visite. L’eau chaude et le savon sont préférables aux gels d’alcool, qui seraient moins efficaces pour détruire le C. difficile.
- Le nettoyage des pièces et des objets en contact avec la personne infectée devrait être effectué avec des produits contenants de l’eau de javel (chlore). Le C. difficile peut survivre aux produits de nettoyage habituels qui ne contiennent pas de javellisant.
- Il faut restreindre l’utilisation des antibiotiques aux cas qui en ont vraiment besoin. Ces médicaments sauvent la vie de personnes atteintes d’infections bactériennes, mais sont inutiles contre les infections virales comme le rhume ou la grippe. Si vous devez prendre des antibiotiques, assurez de bien respecter les consignes de votre médecin et de votre pharmacien.

Quand faut-il consulter? Des selles molles sont un effet indésirable fréquent lié à la prise d’un antibiotique sans pour autant qu’il s’agisse d’une infection par le C. difficile.

Vous devriez consulter votre médecin si les selles sont liquides et persistent plus de trois jours ou si vous présentez une nouvelle poussée de fièvre, de la douleur importante, des crampes, du sang dans les selles ou plus de trois selles liquides par jour.

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